| LE CANTON DE QUARRE LES TOMBES PENDANT
LA PÉRIODE 39-45
Le contexte
Mémoires Vivantes ne pouvait pas laisser passer
l’année 2004 chargée du symbole de
la Liberté, avec la commémoration du 60ème
anniversaire de la Libération qui a été marquée
avec beaucoup de fastes dans tout le pays, sans s’attacher à réfléchir
sur ce qui pourrait être engagé sur notre
canton.
L’association avait donc décidé d’organiser
dans un premier temps une exposition consacrée à cette
période sur le canton à partir des quelques éléments
d’information qui étaient en sa possession,
le plus souvent d’ailleurs les faits relatés
par les acteurs de l’époque dans de nombreux
ouvrages.
Mais Mémoires Vivantes s’est très
vite aperçu que cette exposition ne pouvait être
un but en soi, et que sa réussite ne pouvait résulter
que d’un travail de recherche plus approfondi. En
effet, si jusqu’à présent le travail
de l’historien s’est appuyé sur les
faits d’armes des combattants et résistants
de cette période, de nombreux témoins avaient été oubliés
: des résistants qui avaient fait le choix de rester
dans la discrétion après la Libération,
la population occupée, représentée
aujourd’hui par des personnes qui étaient
tout juste adolescentes à cette époque mais
dont le souvenir est demeuré toujours vivace.
C’est dans ces conditions que le conseil d’administration
a décidé d’écrire un livre et
d’en extraire une exposition, prévue à Saint
Léger Vauban, village durement marqué par
la répression ennemie. Ce travail a été confié au
Président de Mémoires Vivantes.
Le foisonnement des initiatives prises en 2004 aurait
sans doute conduit à banaliser cet ouvrage qui prendra
naturellement sa place, avec l’exposition, en 2005,
date anniversaire de l’armistice, mais aussi de la
commémoration de la libération des camps
de concentration qui sont largement évoqués
dans le livre
Le conseil d’administration de Mémoires Vivantes
a également pris la décision de donner un
prolongement pédagogique à ce projet.
La mise en œuvre du projet
La rédaction du livre
Les connaissances sur cette période ont été complétées
en lançant une campagne d’entretiens de proximité,
près d’une centaine au total, en prenant soin
de vérifier et corroborer les faits relatés.
Les recherches entreprises ont également permis
de saisir le fil d’Ariane et de le remonter en direction
de sources d’informations capitales. C’est
le cas par exemple de la famille Sylvère qui a joué un
rôle très important sur notre secteur et dont
les activités locales ont été pratiquement
occultées jusqu’à ce jour.
Ce travail de mémoire devenait urgent. Pour la
période 39-45, beaucoup d’acteurs directs
de cette époque nous ont déjà quitté.
Nous avons eu néanmoins la chance de rencontrer
les derniers combattants de 1944-1945 qui ont dépassé aujourd’hui
les 80 ans, dont la mémoire est restée fidèle,
même s’il faut parfois la stimuler et recadrer
les dates.
Cet ouvrage traduit la soif de la génération
d’après-guerre d’en savoir un peu plus
malgré l’épreuve du temps, en levant
les non-dits que nous pouvions encore constater il y a
une trentaine d’année. 60 ans après
la guerre, la cicatrice est toujours là certes.
Certains, informés de notre projet, n’ont
pas manqué de nous mettre en garde sur notre décision
d’aller revisiter cette période sombre de
notre histoire : « à quoi bon remuer tout ça
- ou encore « fais attention à ce que tu vas écrire
!» nous fut-il même déclaré,
en guise d’avertissement.
Mais très vite, après les premiers entretiens,
nous nous sommes aperçus que nous aurions à gérer
ce paradoxe car, contrairement à ce que nous avions
constaté il y a plusieurs dizaines d’années,
la parole se libère aujourd’hui, souvent dans
la douleur. Peut-être est-ce dû au fait que
nous ne nous adressons pas aux mêmes générations
!
Nous avons souhaité éviter le style compassionnel
et rester au plus près du ressenti des personnes
que nous avons rencontrées. Dans la majorité des
entretiens réalisés, nous avons parfois tiré des
larmes en faisant resurgir de la mémoire des faits
que ces personnes n’avaient encore jamais évoqués,
y compris au sein de leur famille. Nous avons alors offert
d’arrêter l’entretien. Non, il fallait
aller jusqu’au bout, il fallait se libérer
du poids de l’histoire, et surtout faire œuvre
pour les générations futures. Parfois, ces
mêmes personnes nous rappelaient pour nous communiquer
des détails complémentaires. Ce livre trouve
là la justification de son titre : « De l’ombre à la
lumière » (sous titré « le canton
de Quarré les Tombes pendant la période 39-45 »).
Le travail de synthèse et de vérification
d’une part, une panne informatique intervenue dans
le courant de l’été 2004 d’autre
part, nous ont conduit à retarder la sortie de ce
livre, qui n’a pu de ces faits que gagner, nous l’espérons,
en qualité. Il sera validé par un historien
de renom, Monsieur Jean Vigreux, maître de conférences à l’Université de
Dijon.
Ce livre comprend environ 400 pages et des annexes inédites.
Edité par la société d’édition
EDIPLUME, il sortira à l’été 2005.
Le financement de l’action
L’association a décidé du principe
de l’autofinancement pour toute réédition
ou édition d’ouvrages (voir fiche correspondante),
en retenant la méthode de la souscription préalable,
ce qui permet d’avancer les arrhes à l’éditeur.
Ainsi, pour cet ouvrage, 1000 exemplaires ont été offerts à la
souscription. Au terme du 1er mois de la souscription,
environ 200 exemplaires ont déjà été retenus.
Une campagne de promotion est prévue pour accélérer
le rythme et des séances de dédicaces sont également
programmées.
Les bénéfices réalisés seront
réinvestis prioritairement dans le fonctionnement
de l’association et pour le reste, dans l’investissement
pour le compte de ses actions programmées par ailleurs
(part d’autofinancement).
L’exposition
Elle se tiendra pendant trois semaines au mois de Mai à Saint
Léger Vauban, commune du canton très marquée
par cette période. Divers objets seront exposés
autour des panneaux d’exposition. Une inauguration
officielle est prévue.
Le prolongement pédagogique de l’action.
Mémoires Vivantes saisira toute opportunité pour
qu’un film soit tiré de cet ouvrage, en raison
de la particularité de son scénario.
L’association souscrit à la proposition du
Parc Régional du Morvan de participer à l’élaboration
d’un itinéraire de mémoire couvrant
cette période, complémentairement aux nombreuses
stèles déjà érigées.
Un partenariat est établi avec les établissements
secondaires d’Avallon où sont scolarisés
les jeunes du canton, pour mener un travail de mémoire à partir
du livre « De l’ombre à la lumière ».
Madame Jany Sylvère, rescapée de Ravensbrück,
et son frère Monsieur Jean Damien Sylvère,
rescapé de Buchenwald, tous deux arrêtés
le 13 Avril 1943 à la suite du parachutage d’armes
au champ de Vannay à Quarré les Tombes, sont
sollicités pour des conférences dans ces établissements.
Un voyage intergénérationnel est programmé en
2006 pour Auschwitz.
Un travail de restitution conclura cette démarche
pédagogique : film, conférence, débat.
|