MEMOIRES VIVANTES DU CANTON DE QUARRE LES TOMBES
  PLÉCHAGE DES HAIES - LES ENTRÉES DE CHAMPS 
 
 
   

 
Memoires vivantes du canton de Quarre les Tombes

D A N S     L ' A C T U A L I T É
• Le rapport d'activités 2010 est en ligne.





C O M M U N E S   D U   C A N T O N
 

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PLÉCHAGE DES HAIES - LES ENTRÉES DE CHAMPS

Contexte général

Le canton de Quarré les Tombes est bocager pour un peu plus de la moitié et forestier pour le reste. Les haies constituent un élément nécessaire au biotope. Elles ne sont pas encore trop menacées sur le canton.
Cependant, avec la réduction du nombre d’agriculteurs et la concentration conséquente des terres à travers les remembrements, le regroupement des fermages, etc…on commence à percevoir ici ou là la disparition de haies, surtout lorsque l’agriculteur reconvertit ses activités de l’élevage en céréales.

L’entretien des haies, surtout au bord des chemins, est toujours un problème crucial pour les maires. L’entretien traditionnel manuel (dont la pratique ancestrale du pléchage) a cédé la place au girobroyeur. De même, les entrées de champs constituées de barrières en bois adossées à une ou deux pierres de granit ont été remplacées par des barrières en tube galvanisé ou des systèmes de « fermetures éclair » (du fil de fer barbelé cloué sur quelques poteaux). Notre bocage a perdu son attrait esthétique. Les

La haie présente donc un intérêt écologique et économique, mais elle est également un élément de notre patrimoine. Plus particulièrement, la haie plessée – la pléchie – et les entrées de champs traditionnelles sont des indicateurs de la qualité de notre paysage. Elles redonnent du sens à notre bocage en l’embellissant. Elles témoignent d’un savoir faire ancestral.

C’est pourquoi Mémoires Vivantes s’est engagée dans un programme de réhabilitation de ce patrimoine et de transmission du savoir faire entre générations.

Les partenaires et les promoteurs du projet

Mémoires Vivantes a saisi l’opportunité du plan Bocage du Conseil Régional pour développer un programme de réhabilitation du bocage (pléchage et entrées de champs) et a déposé un projet qui a été validé par l’assemblée territoriale, laquelle a accordé une subvention de 4.000 euros pour financer les frais de communication.

De même, le projet de Mémoires Vivantes est cohérent avec les orientations du Parc Régional Naturel du Morvan et est donc proposé à cet effet aux cofinancements dans le cadre du programme européen Leader + (partenaires sollicités : DRAC, Conseil Régional, Conseil Général, Communes, Feoga).

Mémoires Vivantes, membre du conseil de développement du pays avallonnais, regrette que le pays avallonnais ne se soit pas impliqué dans ce projet. Les deux commissions du conseil de développement sollicitées pour ce projet (tourisme et culture) n’ont pas instruit le dossier qui leur a été remis en Novembre 2004.

Les communes du canton – sauf Quarré les Tombes – soutiennent l’action de Mémoires Vivantes par le versement de subventions annuelles.

L’association participe bénévolement à la mise en œuvre de ce projet.

Le volet culturel et technique

La terminologie.

Le pian.

L’usage du terme a été détourné pour désigner une haie. C’est en fait le nom vulgaire du cornouiller des bois. Le mot est une corruption de pliant ou de puant. Selon le glossaire d’Eugène de Chambure (1878), plusieurs patois désignent le cornouiller sous le nom de « bois-piant » ou « puant ». La savée est la haie qui va se prêter au plessage.

La bouchure ou boucheure.
C’est la haie vive formant un enclos. Mais la boucheure désigne également les branchages, épines, etc… dont on se sert pour clore, et donc boucher, les entrées, les ouvertures des champs, les trous (qu’on appelait les musses dans certaines contrées).

Selon la société des sciences historiques et naturelles de l’Yonne (n° 135) – 2003), certains baux notariés de la fin du 18ème siècle et du début du 19ème, à Treigny en Puisaye, précisent les obligations des preneurs qui doivent « boucher partout où besoin sera, avec des épines et tontures de haye sans couper aucun arbre par le pied ni élaguer aucun chêne ni rien couper dans les bois sinon les épines qu’ils sortiront à bras… ». On peut lire également : « Les preneurs sont contraints d’entretenir de bouchures toutes les haies qui ont coutume d’être bouchées en plaissant, essertant les haies et émondant les charmes sans pouvoir couper aucun arbre par le pied ni élaguer aucun chêne ».
On distinguait alors 4 ou 5 types de haies : celles comportant des étrognes, les plaisses (ici les plesses ou pléchies), le bois sur pied, les haies d’épines.

Les étrognes
Le terme vient du mot étronconner. Ce sont des arbres coupés à mi hauteur et repartis avec plusieurs rejets, tandis que la souche du charme coupés à blanc et qui est repartie avec des rejets est appelée une tasse. Les arbres têtards sont des arbres isolés restant au milieu de la pléchie et qui n’ont donc pas été pléchés.

Les pléchies
Ce sont assurément les haies les plus anciennes et on peut parfois en retrouver la trace, comme sur le Mont Beuvray, avec des arbres séculaires semblant torturés et taillés à la main de l’homme. La définition exacte de la plessée pourrait être celle-ci : « Portion de bois ou forêt fermée par une clôture de bois vif dont les branches d’entrelaçaient ».

Les playons et les pléchons
Du terme plesse est naturellement issu le pléchâ qui est une tige ou une branche d’arbre qui a été couchée vive pour la clôture. Le pleïon, pleyon, mais plutôt playon en Morvan, est la petite perche en général flexible dont on se sert entre autres usages pour conduire le bétail aux champs. Plus simplement, c’est le bâton ou le gourdin. Le playon est aussi le pléchâ, alors que le pléchon sert à fabriquer les barrières en bois.

La rouette
On ne peut évoquer la pléchie sans parler de la rouette, qui est un lien végétal en chêne ou en saule de préférence, en noisetier, en bouleau ou en osier.

Le défrouillage
C’est le nettoiement préalable de la haie. On enlève tous les brins chétifs, les ronces, etc… et tous les playons morts.

Les outils

Le croissant : appelé aussi le voulant, le goujart ou le jart.
La serpe : ou sarpe en patois, aussi appelée la gouée.
La cognée : ou couégnée ou couégnie en patois.
Le nécessaire à aiguiser : la meule (qui doit tourner à sec) ou la pierre à aiguiser, appelée en patois l’aigujoué que l’on porte à la ceinture.

Le savoir faire.

Le terme plesser (plécher) signifie, en dérivant de plier (ployer, fléchir, courber), coucher des tiges, des branches d’arbre au moyen de la serpe ou de la cognée pour former des clôtures. Les ouvertures sont ainsi fermées au fur et à mesure que le temps détruit le bois mort.

Si l’intervalle est trop espacé à cause d’un manque de végétation, on plante un pieu en substitution qui permettra d’entrelacer les playons.

Si la densité de la haie est trop importante, on élimine les bois les moins longs à la cognée. Les bois restants – les playons – seront légèrement entaillés en sifflet pour permettre de les courber et les entrelacer entre les pieux. Ils doivent toujours être alimentés en sève. La hauteur de la pléchie est d’environ 1,20 m. On introduit des playons morts dans les trous pour conserver une homogénéité de la haie.

Les playons sont attachés ensemble avec des rouettes, généralement préparées d’avance. On doit avoir le tour de main pour faire la rouette (parfois rouote), qui se fabrique en maintenant au sol la brindille avec son pied et en la tortillant jusqu’à faire à l’autre extrémité une sorte de nœud coulant qui permettra de nouer ensemble les playons. La rouette va permettre aux rejets de se marier ensemble.

Si la haie a été préalablement préparée (défrouillée), sur un bon rythme, on peut plécher environ 80 mètres dans la journée.

Les bois en surplus sont débités en bois de chauffage. Les rames sont regroupées en fagots qui peuvent être également liassés avec des rouettes.

La pléchie devra être entretenue, sur un rythme de 5 à 9 ans. Un élagage est nécessaire car l’étrogne va donner jusqu’à une cinquantaine de rejets, lesquels vont généralement servir à fabriquer les fagots. Jadis, ils servaient surtout à alimenter les fours à pain.

Les barrières traditionnelles sont fabriquées avec du bois d’acacia (voir deux styles différents en photo).

La mise en œuvre du projet.

L’association Mémoires Vivantes, dans le cadre de l’inventaire du patrimoine cantonal, engagé au niveau de chaque commune par un groupe local, recense les entrées de champ traditionnelles afin de sensibiliser les propriétaires à leur réhabilitation et leur restauration. Ne subsistent pour l’instant que les pierres de granit. Mémoires Vivantes a déjà recruté plusieurs bénévoles anciens dépositaires du savoir faire pour fabriquer les barrières en bois.

L’association a également organisé un premier week-end, les 2 et 3 avril 2005, consacré à la transmission du savoir faire. Deux chantiers ont été ouverts :

le premier, à Saint Brancher, sur l’itinéraire de la D 33 (Cussy les Forges - Quarré les Tombes) : réalisation d’une haie plessée de 60 mètres et pose de deux entrées de champ traditionnelles.

le second, à Saint Germain des Champs (sortie du village, route de Vézelay) : réalisation d’une haie plessée de 40 mètres qui sera vraisemblablement prolongée par la restauration d’un ancien lavoir.

L’organisation de ces deux chantiers (environ 150 visiteurs sur les deux jours) a permis de prendre la dimension intergénérationnelle de la transmission du savoir faire (75 ans pour le plus âgé – 25 ans pour le plus jeune)

Cette manifestation a fait l’objet de deux articles de presse. En outre, un tract quatre pages en quadrichromie consacré à cette opération sera diffusé dans toutes les boîtes aux lettres du canton.

Un moment convivial a entouré cette opération : repas de saint cochon le samedi soir offert aux bénévoles et repas de la couérée (abats du cochon) le dimanche midi.

Cette opération se renouvellera jusqu’à concurrence de 500 mètres de pléchies réalisées dans un délai de 4 ans. L’objectif de l’association est de réaliser au moins un chantier par commune du canton.

Les chantiers ouverts doivent être situés sur l’itinéraire d’axes routiers structurants (les routes départementales en priorité) afin de pouvoir en assurer la promotion et la valorisation. Une signalétique « Sentiers de la mémoire et du patrimoine - Haie plessée – Entrée de champ» avec mention des partenaires, sera apposée à proximité de chaque sentier.

L’association recense déjà pour l’année prochaine les sites de chantiers possibles


Haie plessée



 

 

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Tél. : 03 86 34 23 33 - Fax : 03 86 34 58 08

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