MEMOIRES VIVANTES DU CANTON DE QUARRE LES TOMBES
  FOUR À CHAUX DE VILLIERS NONAINS 
 
 
   

 
Memoires vivantes du canton de Quarre les Tombes

D A N S     L ' A C T U A L I T É
• Le rapport d'activités 2010 est en ligne.





C O M M U N E S   D U   C A N T O N
 

Mot exact Résultats par page










FOUR À CHAUX DE VILLIERS NONAINS

Le contexte historique

Voici une des rares photographies du four à chaux de Villiers Nonains – le « forniot » comme on l’appelait - prise au début du siècle dernier. Il est aujourd’hui en ruines, caché sous les broussailles, près du réservoir d’alimentation en eau à l’entrée du village, au lieu-dit les Buées.

Un second four à chaux existait à l’autre entrée de Villiers Nonains, sur la propriété Chartraire : il n’en reste plus qu’un tumulus de terre parfaitement visible depuis la route, à quelques mètres de la croix.

Ces fours étaient les seuls existant sur le canton pour satisfaire les besoins des paysans. Le Morvan étant granitique, il fallait aller chercher la pierre calcaire en Terre Plaine. Le hameau de Villiers Nonains était le plus proche pour réduire au mieux le trajet du charroi de la pierre.

Ce four a été construit aux environs de la moitié du 19 ème siècle. Les activités du four à chaux prirent fin à la dernière guerre.

Le savoir faire

La fabrication de la chaux procède d’un savoir faire ancestral. On en avait 5 usages différents : l’amendement des terres, nécessaire en Morvan, la maçonnerie, le remplacement de la peinture, la désinfection des bâtiments, l’ensevelissement des cadavres d’animaux. Les femmes l’utilisaient également pour se coiffer en humidifiant la chaux introduite dans les bigoudis. Certains paysans s’en servaient également pour faire sécher les jambons, recouverts de chaux dans un fût après avoir été salés.

En se calcinant, la pierre calcaire se transforme en chaux vive en perdant son gaz carbonique. La poudre obtenue est de la chaux éteinte.

La pierre calcaire était tirée d’une carrière de Maison Dieu, puis acheminée sur place par des chars à bœufs. Plusieurs « mairichaux » placés sur le trajet (les derniers étant Paul Rivoux et Richard Convert à Villiers Nonains) étaient bien occupés car les fers s’usaient rapidement sur la route empierrée. Un syndicat d’exploitation du four à chaux s’était constitué et le dernier Président connu était Alphonse Petit.

On accédait au four par une rampe encore existante, avec une grosse brouette visible sur la photo en haut à gauche. Le puits circulaire dans lequel on déversait les pierres, était façonné avec des briques réfractaires. Il était entouré d’un mur de pierres de granit, élevé en forme de tour carrée. L’interstice était comblé avec de l’argile pour conserver la chaleur.

La température requise devait atteindre 1000° et le puits était construit en conséquence : il était plus élargi à sa mi-hauteur.

Au début, on alimentait le feu par le « gueulard » avec des fagots appelés des « bourrées » ou du buis qui avait un très gros pouvoir calorifique. Plus tard, on utilisa du coke (de qualité « Chatilles maigres » à 25 %), importé de Blanzy jusqu’à la gare de Maison Dieu et transporté sur place par les salariés de la coopérative. Le coke était alors disposé en couches alternées avec les pierres calcaires et séparées par des barres de fer que l’on récupérait à la base du puits, lors de la récupération de la chaux. Le puits était obturé hermétiquement avec des pierres qui reposaient sur une saillie.

La cuisson durait 3 jours et 3 nuits (deux cycles de fournées par an, au printemps, à l’automne). A la fin de la cuisson, on cassait l’obturation du puits, on retirait les pierres calcinées et on versait de l’eau dessus avec un grand seau (que l’on aperçoit sur la photo). Cette opération s’appelait « l’épotage », qui désagrégeait les pierres tout en dégageant une très grande chaleur. On secouait la trémie avec de grands crochets en fer.

La chaux était récupérée en galets dans le gueulard, à la base du puits, puis chargée sur les chariots et livrée dans les fermes, en « tiaulant » les bœufs.

Le chaufournier avait son logement sur place car il devait surveiller la cuisson en permanence. Il tenait également un livre de comptes. Pour tout mobilier, il disposait d’un lit-cage, d’un meuble secrétaire (conservé par la fille du dernier chaufournier), et d’un réchaud pour les plats cuisinés par son épouse.

Le projet de Mémoires Vivantes

Mémoires Vivantes a décidé de reconstruire ce four à chaux, à l’identique, d’après la carte postale, d’après le souvenir des anciens, et également de la documentation technique disponible.

Cette reconstruction peut être envisagée dans un délai de 3 ou 4 ans ou même avant si le dossier peut être instruit : rachat de la parcelle actuellement en friche à la propriétaire, financement du projet.

Mémoires Vivantes pourra participer pour une part en autofinancement (crédits propres et bénévolat). Il sera fait appel à des partenaires dans le cadre du projet global « Sentiers de la mémoire et du patrimoine ». Le projet est situé en tête de réseau sur la D 33, route dite pénétrante du Morvan, et sera donc particulièrement attractif par sa spécificité. La D 33, sur un itinéraire d’1 km sera ainsi un véritable chapelet de la mémoire et du patrimoine (le four à chaux, puis la haie plessée avec ses deux entrées de champ, le charbonnage du bois..). Il sera également un élément structurant de la Maison de la mémoire et des savoirs faire.

Un pôle pédagogique (panneaux d’exposition) sera installé aux abords.

Le four à chaux sera l’occasion d’un évènementiel annuel dans le cadre de l’animation estivale, comme pour le charbonnage (reconstitution d’une ou deux cuissons en costumes d’époque)





 

 

A S S O C I A T I O N   M E M O I R E S   V I V A N T E S

6, rue de Vézelay - 89630 St Germain des Champs
Tél. : 03 86 34 23 33 - Fax : 03 86 34 58 08

| mentions légales | réalisé par | liens divers | optimisé pour Firefox |
© Mémoires Vivantes