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Mise à jour : 31/01/10

 

 

L’OCCUPATION hitlérienne et la RÉSISTANCE dans l’Yonne 

 

La Résistance dans le canton de Quarré les Tombes

Le rôle joué par l’Abbaye Sainte Marie de « La Pierre qui Vire »

« Bien isolé au milieu de la forêt, ayant une certaine autonomie vis-à-vis de l’Archevêché pétainiste de Sens, le monastère renouant avec l’antique coutume du droit d’asile, va servir de refuge à toutes personnes traquées par l’occupant.

 

En premier lieu seront recueillis les aviateurs alliés tombés dans la région. Ainsi, de l’avion « Lancaster » qui s’écrase dans le Bas-Morvan le 26 février 1943, 5 périssent et sont inhumés au cimetière de St Brisson mais deux sergents parviennent à sauter en parachute et sont récupérés par des paysans et amenés à l’Abbaye. Ils sont pris en charge par le père Wulfran Jeanne qui parlait parfaitement l’anglais. Il conduit lui-même l’un des aviateurs à Paris, l’autre est hébergé par l’Abbé Ferrand archiprêtre de Saint-Lazare d’Avallon et grand résistant comme on le sait. Ces deux aviateurs anglais pris en charge par des réseaux purent regagner l’Angleterre par l’Espagne.

 

En Juillet 1943 un officier aviateur américain poursuivi se réfugia au monastère et occupa un moment les fonctions de jardinier, surnommé « Roosevelt » par les élèves de l’école abbatiale. Conduit par le frère Firmin Cugnet, chez les religieuses de Guipy dans la Nièvre, c’est Etienne Houroux, garagiste, rue de Paris à Avallon, lui-même pilote de la grande guerre, qui avec sa Juva-quatre conduisit l’officier américain jusqu’à la ligne de démarcation qu’il franchit clandestinement à Chalon-sur-Saône.

 

Et jusqu’à la Libération il en fut ainsi.

 

Le 25 Août 1947 une délégation de résistants français et alliés conduits par l’abbé Bruni curé de Pourrain (Yonne) et ancien déporté, remettra au père abbé dom Fulbert Glories la médaille Franco-Britannique en remerciements aux moines de l’abbaye de la Pierre-qui-Vire , d’avoir caché et « passé » des aviateurs alliés tombés dans la région.

 

Les Juifs vont également bénéficier du droit d’asile et deux d’entre eux resteront cachés d’août 1942 à la Libération.

 

Enfin, le monastère va largement accueillir les réfractaires au STO qui seront employés à la ferme de l’abbaye située au lieu-dit « Les Roubeaux ». Pour éviter toute surprise en cas de perquisitions des hitlériens, ils se forment en maquis dans une cabane construite dans les bois voisins. En décembre 1943, ils sont une dizaine. A quelques kilomètres de là se trouve le moulin de Ruères qui était un rendez-vous de collaborateurs et de dénonciateurs. Les évènements se déroulant à « La Pierre qui Vire » ne leur échappaient pas et c’est sans doute pourquoi, le 7 décembre 1943, l’Abbaye est investie par une centaine de soldats hitlériens.

 

« Dès 7 heures du matin, témoigne le frère Pascal Bréhault, par un brouillard intense, toutes les issues du monastère sont bloquées, la communauté toute entière est immobilisée dans la salle du Chapitre tandis que les locaux conventuels et les cellules monastiques sont fouillés systématiquement. Une mitrailleuse est en position de tir dans un angle du grand côté du cloître, visant l’entrée de l’église et la porte du chapitre. Une autre a été hissée sur le terre-plein face à l’église, pouvant balayer toute l’entrée. Des soldats sont postés tout autour des bâtiments… »

 

Le 31 décembre 1943, c’est cette fois la ferme des Roubeaux qui est visée ainsi que les bâtiments d’Armand Simonnot (Théo) à La Provenchère situés non loin de là et heureusement évacués depuis peu par les maquisards. Il ne fait plus de doute que le Monastère a été dénoncé comme centre actif de résistance en même temps que le domicile de « Théo ». Cela se voit à l’agressivité encore plus grande des nazis qui n’ayant rien trouvé à « La Provenchère » s’acharnent « Aux Roubeaux ».

 

« Tout le personnel de la ferme a été rassemblé dans la cuisine, dit le frère Pascal…Dehors les jeunes gens (réfractaires au STO) sont plaqués au mur, les mains sur la tête. Il gêle très fort et leurs visages et leurs mains sont violacés de froid et de peur .En tant que responsable de la ferme, on fait descendre le frère Georges et on le joint aux jeunes gens alignés contre le mur à l’extérieur…les mains sur la tête. Devant eux une dizaine de soldats allemands, mitraillette au poing. De temps en temps, un soldat cogne l’une ou l’autre tête contre le mur… ».

 

Finalement une rafale de mitraillette part blessant grièvement un jeune réfugié parisien André Besson qui sera transporté à l’hôpital de Montbard où il décédera le 11 janvier 1944. Tous les autres réfractaires, ouvriers de la ferme seront également conduits à Montbard. Ils seront libérés sur l’intervention du père Nicolas Perrier et rejoindront par la suite le maquis Bernard.

 

Source : L’occupation hitlérienne et la résistance dans l’Yonne (Robert BAILLY)

 

 

 
 

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